La ville de Divion

Une ville au coeur de la région. La commune de DIVION est nichée (se trouve se situe) sur les versants d’un vallon parcouru par deux rivières, la Lawe et son affluent, La Biette. A proximité de Bruay-la-Buissière, entre Béthune et St Pol-sur-Ternoise, Divion est desservie par la rocade minière qui (relie) rejoint l’autoroute A1 en direction de Lille et de Paris. Elle est proche de l’autoroute A26 menant à Reims et à Calais. Ancienne cité minière, Divion compte 6 775 habitants. Notre localité est rattachée à la Communauté d’agglomération Artois Comm.

Textes de Patrick DENEUFEGLISE

Un peu de géographie ...

Divion était autrefois une petite localité faisant partie de la province de l'Artois. Géographiquement Divion est à 50°18' de latitude nord et à 0°10' à l'est du méridien de Greenwich. La superficie est de 1091 hectares. Divion est au carrefour des routes départementales 941 et 341.

Divion est née sur les bords d'une petite rivière nommée La Biette. La vallée tient une place importante dans le paysage. Nous sommes ici à la limite septentrionale des plateaux artésien et picard dont le rebord dissymétrique appelé "Collines d'Artois" plonge assez brusquement sur une étroite zone ondulée qui précède elle-même les plaines plates et marécageuses de la Flandre.

La coupe schématique de la vallée selon un axe La Clarence-Croix de Grès donnera du relief une idée plus exacte qu'une longue dissertation.

La vallée proprement dite au fond de laquelle serpente La Biette est peu profonde. Elle est orientée sud-ouest/nord-est, ou encore Ourton / Bruay-la-Buissière. La dénivellation du lit est faible puisque la hauteur au-dessus du niveau de la mer passe d'une extrémité à l'autre du village de 59 à 50m.

Le centre de la ville est à 57m d’altitude.

Les hauteurs limitent l'horizon de chaque côté. Ce sont celles formées par la Croix de Grès et Le Transvaal d'une part avec 85 mètres environ d'altitude, par La Clarence, le bois du Rietz, la Cité 30 d'autre part avec 125m d'altitude.

Les coteaux de La Clarence sont exposés vers Calonne-Ricouart au nord-ouest, vers la vallée au sud-est. Ceux de la Croix de Grès sont exposés vers Houdain au sud-est, vers la vallée au nord-ouest.

Sur les pentes sud-est constituant le petit adret des hautes montagnes, nous rencontrerons les meilleures terres de culture.

Nous ne dirons que peu de choses sur la nature du sol. C'est le sol crayeux de la vallée picarde classique recouvert d'une couche de limon ou terre arable de 20 à 50 cm mais où émerge bien souvent une couche plus épaisse (60 à 80 cm) de cette terre argileuse remplie de silex, lourde et collante que l'on dénomme "bief" dans nos régions.

Le Climat

De par sa latitude de 50° nord, on pourrait s'attendre à y voir sévir un climat assez rigoureux. Au contraire, la proximité relative de la mer et la prédominance des vents d'ouest établissent un climat doux et humide, normalement sans grand écart de température.

Les Mines

Divion a dû son importance à la richesse de sous-sol en houille. L'extraction de ce gisement, prolongement du bassin du Nord, amena un bouleversement dans l'économie de la région Bruaysienne.

La fin de l'exploitation des mines amena un autre bouleversement, c'est celui d’une économie qui n'avait pas été préparée à une mutation d'où des taux de chômage dans les anciennes régions minières particulièrement importants.

On trouvait donc sur le territoire de la commune de Divion, deux sièges, le puits des mines de La Clarence et le n°5 des mines de Bruay.

La Mine de La Clarence

Il y avait deux puits à cette mine qui servaient à l'extraction, le n°1 de 1180 mètres de profondeur et le n°1 bis de 1000 mètres de profondeur. Un troisième puits, le n°2, ou puits de retour a également existé.

Vingt-deux couches de houille s'étageaient de 320 mètres à 1500 mètres. Mais toutes n'étaient pas exploitables parce que trop petites. L'extraction journalière moyenne dans les années 50 était de 400 tonnes (charbon trié).

Le nombre d'ouvriers était d'environ 950, 725 pour le fond dont 23 employés et 230 pour le jour dont 30 employés.

La centrale électrique des Mines de La Clarence alimentait la société Béthunoise, la cimenterie de Pernes en Artois et un four à chaux situé en bordure de la départementale 941, entre cette route et le bois du Vieil Fort.

  • L'entrée des Mines de La Clarence
  • Le Numéro 5 des Mines de Bruay

Il existait deux puits d'extraction, le 5 et le 5 bis, et un puits de retour ter, le 5 ter. Le puits du n°5 atteignait la profondeur de 564 mètres et l'extraction est normale. Dans le puits 5 bis de 679m., l'extraction est dite par "bure". En effet, à partir de 564m., un autre puits plus petit est creusé dans la prolongation de l'autre. Il y a donc deux systèmes de cage. Le n°5 ter a une profondeur de 564m.

La production journalière dans les années 50 était de 3 000 berlines de charbon de 750 kg de terres.

Le chef du siège état l'ingénieur principal, chef d'établissement. Il a sous ses ordres un ingénieur par fosse. Le n°5 comptait dans les années 50, 895 ouvriers dirigés par trois chefs porions et 25 porions et dans les années 50, 930 ouvriers dirigés par trois chefs porions et 35 porions. Le service du jour comptait 426 ouvriers et 53 employés dont 2 chefs de place, surveillants, comptable, …

Les Cités minières

Les cités sont nées avec le développement industriel de la fin du 19° siècle et début du 20° siècle. Depuis lors, de nouvelles cités ont apparu constamment.

La Cité 18 ou La Cité du Transvaal : le nom des rues rappelle les noms devenus célèbres à la fin de la guerre des Boers en Afrique Australe (rue Pretoria, rue du Transvaal, rue des Diamants, rue Joubert, place Krüger,...).

La Cité 18 bis ou le coron des Ambitieux

La Cité 22 ou le port Arthur

La Cité 30 avec ses noms de planète (rue de Saturne, rue de Jupiter, ...)

La Cité 33 ou la Cité des Musiciens (rue Mozart, rue Saint-Saëns,...)

La cité 34 ou la Cité des Andouilles

La cité 34 bis

La Clarence avec ses noms qui ont appartenu simplement à l'alphabet (rue A, B, C, etc..). Aujourd'hui, elles portent le nom d'écrivains célèbres.

La Cité des Jardins.

Les maisons des cités sont toutes construites sur le même modèle. Les plus anciennes sont disposées en files ininterrompues nommées "corons". Mais l'administration des houillères a fait de gros efforts pour rendre les logements plus salubres et a cessé la construction de ces files de maisons tristes et sales pour se maintenir à l'édification de pavillons de quatre maisons donnant sur deux rues et entourés de jardin. Mais les poussières noires des terris ont vite fait de donner à ces habitations un aspect triste et sale.

Les Monuments

Divion ne peut s'enorgueillir de posséder de monuments historiques importants, exception faite de la Croix de Grès située au carrefour du même nom, dont nous reparlerons.

L'église Saint-Martin, dans la vallée, est construite sur l'emplacement de la Chapelle du château de Divion dont les ruines ont été dispersées en 1789.

Le Château du Vieil Fort est de construction relativement récente.

Le Monument aux Morts de la Grande Guerre est situé en face de la Croix de Grès.

Quelques Chapelles disséminées dans la vallée.

L'église de la Clarence dédiée à St François de Saales, détruite dans les années 1990, pour des raisons de sécurité.

La Mairie inaugurée en 1913 et totalement rénovée en 1990.

L'Histoire

La Croix de Grès

Cette partie de Divion doit son nom à une curieuse croix de grès de 5 mètres de hauteur, située à l'intersection de la route nationale 41 et d'une route départementale. Elle fut rénovée en 1994.

Monsieur Bavrois a reconnu dans ce monument des caractères architectoniques du XVème siècle. C'est un monolithe cylindrique dont le croisillon est fort étroit. Sur ce croisillon est appliquée une pierre représentant la figure de Jésus sur les genoux de sa mère. Il est impossible de recueillir des renseignements certains sur l'origine de la Croix de Grès de Divion. Aussi faut-il s'en tenir à la tradition :

" La moisson était terminée, des fleurs et de la verdure ornaient la dernière voiture, selon un usage conservé jusqu'à nos jours. Au faite était une jeune mère avec son enfant. Les chevaux effrayés par des cris de joie s'emportent, et l'enfant renversé n'est bientôt plus qu'un cadavre. Jeanne, tel est le nom de la pauvre mère, en devint folle. Chaque jour, elle venait à l'endroit où son fils avait péri; une croix de bois y fut élevée. Jeanne la Folle l'entretint longtemps. Un matin on la trouva morte raidie par le froid serrant dans ses bras la croix de bois. Alors les seigneurs élevèrent une croix de pierre afin de rappeler la douleur de Jeanne la Folle, ils firent sculpter sur le grès, une 'Piëta' ".

La Croix de Grès était autrefois placée plus loin mais elle fut brisée sous la révolution. Une pauvre femme en recueillit les débris et la fera rétablir quelques années plus tard à son emplacement actuel.

La Chaussée Brunehaut

Chaussée Brunehaut, tel est le nom que porte la grande voie romaine Thérouanne / Arras.

La tradition veut que cette voie ait été restaurée vers la fin du 6è siècle par la reine Brunehaut, femme du roi dont elle a pris le nom.

Il est certain que ce soit une voie antique, tirée en ligne droite. Elle a existé même avant l'occupation des romains. Elle reliait Arras (Némétrium) capitale du peuple gaulois, les Atrébates, à Thérouanne, capitale d'un autre peuple gaulois, les Morins.

Cette voie fut de grande importance pour les romains dans le déplacement rapide de leurs légions à travers une région dangereuse et couverte de forêts. Elle fut également une voie commerciale importante reliée aux voies menant à Lyon et Rome d'une part, au littoral de la Manche d'autre part dont le port aurait été Boulogne-sur-Mer.

Aujourd'hui, elle se confond avec la route départementale. Toutefois, elle quitte cette route à l'entrée de Rebreuve-Ranchicourt et ne la reprend qu'à la sortie de Divion (La Clarence).